Mairie de Menglon

 

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Menglon (26410) est une commune du Haut-Diois dont le nom pourrait être d'origine celte :

  • le radical MEN- se trouve encore dans les langues néo-celtiques comme le gallois (main), le breton (Mean, Maen), se traduisant par pierre (d’où dolmen, menhir) ou l’écossais, l’irlandais (Main, Muin , Moin) signifiant montagne, rocher ;
  • et -GLON : Rond.

Menglon se traduirait alors par "montagne ronde".

 
Menglon aujourd'hui

 

Photo © Cyril Bernard

 

Le territoire de 36,47 m² combine quatre types d'espaces allant de 487 m à 1501 m d'altitude:

  • le centre-village et plusieurs hameaux et lieux-dits : Luzerand, Les Gallands, Les Bialats, Les Payats, les Boidans, les Tonnons etc.
  • la plaine agricole à l'ouest offre des paysages ouverts, parsemés de fermes et de serres dessinant le relief ;
  • la forêt du Glandasse à l'est avec notamment la montagne de la Grésière qui offre un magnifique moint de vue ;
  • la vallée de la Drôme et celle du Bez à l’ouest et au nord.

 

Les zones naturelles apportent une richesse de la faune et de la flore, notamment sur le massif de la Grésière et dans la zone Natura 2000 le long du Bez, mais aussi le long des cours d'eau où l'on croise loutres et castors... Les forêts sont peuplées de pin noir d'Autriche, de pin sylvestre, de chêne pubescent et de quelques hêtraies en altitude.

 

Menglon est une commune particulièrement attractive depuis les années 1980, avec 533 habitant.es dont la moitié est arrivée depuis moins de 10 ans et où les deux-tiers des 370 logements sont des résidences principales.

 

Après une majorité de retraités, la plupart des Menglonnais.es travaille hors de la commune, comme professions intermédiaires et employés, cadres, artisans-commerçants, et enfin agriculteurs (6%) qui travaillent une superficie de 772 hectares: plantes aromatiques, noyers, pommiers, chênes truffiers, et surtout la vigne - dont près de 99% des 80 ha sont en AOP (Châtillon en Diois, Clairette de Die, Crémant…).

 
Se souvenir d'Yvonne Oddon

par Gudrun Mattes

Bientôt en 2022, nous fêterons l'anniversaire de la naissance et de la mort d'Yvonne Oddon,
Yvonne Oddon (1902 -1982) est une grande résistante, co-fondatrice d'un des tout premiers réseaux de résistance dès 1940. Elle est aussi une grande dame de la documentation qui a beaucoup travaillé pour rendre les bibliothèques accessibles à un grand public. Mais surtout, c'est un personnage de l'Histoire de la France qui est étroitement lié à notre commune.

Yvonne Oddon est fille d'une famille protestante dioise qui a son berceau à Menglon. Elle est certes née à Gap, car la famille suit les affectations du père qui est officier de carrière, mais Yvonne passe toutes les vacances de son enfance dans le Diois et une fois adulte, elle retourne régulièrement dans la maison familiale au Payats.

Elle passe ses études de bibliothécaire à Paris, à l'Ecole américaine de bibliothécaires qui est à l'époque à la pointe des nouvelles méthodes de la documentation. Fin des années vingt, début des années trente, elle passe plusieurs années aux Etats-Unis pour compléter ses études.

Yvonne Oddon était une bibliothécaire reconnue dès avant-guerre, très attachée à l'éducation populaire. La grande passion de sa vie était son engagement pour que les livres et le savoir puissent être partagés.


En tant que directrice de la bibliothèque du musée ethnographique du Trocadéro (1929) qui devient en 1937 le Musée de l'Homme, elle modernise résolument la bibliographie et transforme la bibliothèque en un lieu agréable, accessible pour un public large. En 1937, elle est désignée pour co-diriger la section bibliothèque de l'exposition Universelle de Paris.

En juin 1940, Yvonne Oddon s'insurge immédiatement contre l'Occupation allemande et contre le régime de Vichy. Elle est l'initiatrice d'un des tous premiers réseaux de Résistance en France: Le réseau du musée de l'Homme. Ensemble avec ses collègues et amis, elle fonde un groupe, qui organise des filières d'évasion vers l'étranger, qui fournie des renseignements pour les Alliés, et qui rédige un des premiers journaux clandestins : « Résistance » dont le titre est inspiré par Yvonne Oddon. Au bout de quelques mois, le groupe se ramifie en de multiples sous-groupes dans toute la France ; Ils comptent plusieurs centaines de membres.
Yvonne et son compagnon, l'ethnologue Anatole Lewitzky sont arrêtés le 11 février 1941. D'autres arrestations suivent et le groupe est presque entièrement démantelé. Dix membres du réseau sont condamnés à mort, dont Yvonne Oddon. Les sept hommes sont exécuté, tandis que les femmes voient leur peine commuée en déportation.

Yvonne Oddon passe quatre années dans plusieurs prisons : d'abord à Paris, ensuite en Allemagne au camps de concentration de Ravensbrück et finalement à Mauthausen. Encore à Paris en prison,
 elle essaie de prévenir d'autres membres du réseau par sa correspondance clandestine, cachée dans l'ourlet d'une jupe.

Libérée en avril 1945 grâce à une intervention de la Croix-Rouge suédoise, elle passe d'abord un certain temps dans le Diois. Elle est accueillie à Menglon en fanfare. Malgré un épuisement extrême, elle tient plusieurs conférences, dont une à Chatillon-en-Diois. A cette occasion, elle initie la première bibliothèque du Diois de l'après-guerre : « La bibliothèque circulante du Diois et du Vercors ».

C'est une époque où le pain est rare et on pouvait penser qu'il y avait d'autres priorités que la lecture publique. Mais Yvonne Oddon considère au contraire que que la reconstruction intellectuelle est aussi importante que la reconstruction matérielle. Pendant ces premières années après-guerre, de multiples caisses de livres circulent dans les villages les plus reculés du Diois et du Vercors et à Die il y même une salle de lecture chauffée pour permettre la population de s'instruire et de se divertir, longtemps avant la création d'une bibliothèque municipale ou départementale.

Vers la fin des années quarante, Yvonne Oddon s'investit dans de multiples missions de l'UNESCO : pour l'alphabétisation à Haïti, pour la muséologie des pays africains qui ont récemment acquis leur indépendance et qui n'ont que peu de moyens pour se créer leurs musées.
Elle continue à séjourner régulièrement dans le Diois. En 1981, elle reçoit la Légion d'honneur. Yvonne Oddon décède le 7 septembre 1982. Selon ses vœux, elle est enterrée aux Payats (Menglon), au cimetière familial de la famille Oddon.

Malgré le rôle majeur qu'elle a joué dans la Résistance et l'importance de son engagement pour les bibliothèques en France, Yvonne Oddon est peu connue dans le Diois et à Menglon. Aux Payats, où elle a passé toutes ses vacances avec sa famille, son souvenir est encore vivant, mais il risque de s'estomper avec le temps. Ailleurs, peu de personnes se souviennent de son nom.

Peut-être trouverons-nous bientôt l'occasion de l'honorer et de lui donner une place qui lui est due dans le mémoire collective.

 

 
L'électrification de Menglon

par René Joanin


Tout commence très loin et très près !

Si les phénomènes électriques sont connus depuis l’antiquité, leur utilisation remonte au début du 19ème siècle (Volta, 1ère pile en 1800, Barlow 1er moteur en 1822 et surtout Edison, 1ère ampoule puis alternateur en 1879).
Dans une France rurale à plus de 45%, cette nouvelle source d’énergie fait fantasmer le monde agricole et l’exposition universelle de Paris en 1881 foisonne de propositions de machines supposées adaptées aux travaux  des champs (labourage, culture nocturne, dressage des chevaux…..).
Pour encadrer cette évolution, l’état vote les lois du 15 juin 1906 puis du 16 octobre 1919.
Chez nous, l’arrivée de l’électricité passe par Châtillon : dès 1920, Basile Gaude construit une usine électrique à Mensac ; un canal conduit l’eau qui, sans passer par une conduite forcée, fait tourner un générateur. Les sociétés «Force et Lumière électrique » et  « Gaude et fils » sont en concurrence pour éclairer le village ; mais c’est cette dernière qui va s’imposer en électrifiant en quelques années 11 communes de notre territoire (Châtillon, Menglon, Menée/Treschenu, St Roman, Pont de Quart/Aix, Recoubeau, Montlaur, Montmaur, Barnave, Mensac/Creyers et Laval d’Aix).
En 1926, Basile Gaude installe une seconde usine électrique sur l’Archiane en construisant un barrage  à 500 m en amont de Menée. D’autres usines (dont une dans un ancien moulin à eau et une seconde à l’entrée de Mensac côté ouest du pont) seront ultérieurement installées ; certaines fonctionnent encore. L’eau coule dans des canaux puis des conduites métalliques pour gagner en vitesse et puissance ; elle propulse alors un générateur « à bâches » (bâti en fonte conduisant l’eau sur la turbine).  Dès après 1920, l’électricité produite est amenée jusqu’à Châtillon par une ligne en fil de fer avec pylônes et poteaux en pin; au début, M Gaude utilise le courant électrique pour faire fonctionner sa perceuse et le soufflet de la forge ; il s’éclaire aussi avec une ampoule. Très rapidement, des demandes de châtillonnais affluent.

A Menglon, le conseil municipal se réunit en session extraordinaire le 14 avril 1924 et vote une motion pour l’électrification de la commune ; cette motion demande l’aide technique et financière de l’état : un second courrier (16 mai 1924) rappelle que le projet concernera 2000 habitants et 130 familles.
Des sociétés d ‘électrification ont déjà offert leurs services (par exemple, la société parisienne Gilbert et Compagnie en mai 1923) mais Basile Gaude s’est d’ores et déjà engagé à fournir le courant électrique.
Un syndicat intercommunal d’électrification est créé avec les communes de Recoubeau et St Roman ; ce syndicat est reconnu officiellement  par le préfet le 13 juillet 1925 ; son siège est à Menglon  et  cette commune y adhère le 30 mai 1926.

 

Le montage du projet technique

Le dossier technique est préparé par l’ingénieur du génie rural en janvier 1926 : il prévoit 16,5 Km de ligne Haute Tension (5000 volts), 8,6  Km de lignes Basse Tension (200 volts) et 10 transformateurs.
M. l’ingénieur note par ailleurs que l’utilisation de fil en fer (plutôt que le cuivre) baisserait le coût global de 30 000 francs et que ce serait un choix technique à discuter avec M. Gaude.
De son côté,     le 11 octobre 1926, le Conseil municipal demande à la préfecture « qu’il y a lieu d’émettre un avis favorable à la mise en enquête immédiate des propositions présentées par M Gaude et fils » ; cela permet d’accélérer les démarches administratives et facilite les relations avec les riverains et propriétaires ; c’est ce que fait le préfet le 3 janvier 1927.

 

 

Le montage du dossier financier

 Le projet est budgétisé à 266 000 francs  (mais il coûtera en définitive 320 138 francs aux communes) ; le concessionnaire gardera à sa charge 44 000 francs, l’état financera par ailleurs le projet (par subventions directes ou facilités d’emprunts), et le restant sera payé par les 3 communes au prorata de leur population (90 00 francs pour Menglon et ses 620 habitants).
Mais cette dépense représente une somme importante pour de petites communes rurales et le syndicat et les municipalités doivent recourir à des emprunts :
•    Le 11 octobre 1926, un 1er emprunt pour les trois communes d’un montant de 181 000 francs (1810 actions de 100 francs) est voté, pour une durée de 30 ans et avec une rémunération de 6%.
•    En septembre 1927, un 2nd emprunt visant à faire le joint avec le versement des subventions nationales est proposé à la population ; c’est un emprunt à court terme, 2 ans, d’un montant de 51 200 francs ; on reconnaît beaucoup de menglonnais parmi les souscripteurs.

Un cahier des charges est rédigé et signé par Basile Gaude et le président du Syndicat le 20 février 1927. La concession a une durée de 30 ans ; le document précise les prix qui devront être appliqués et quelques données techniques :
•    Pour les particuliers : possibilité d’avoir un contrat au forfait (2,50 francs par mois pour 2 ampoules de 11 bougies), ou de payer à la consommation avec la pose d’un compteur (0,95 francs le KW/h).
•    Pour un usage industriel ou agricole, les prix s’échelonnent de 0,40 à 0,60 francs selon la puissance souscrite ; mais interdiction d’utiliser le courant de 17H à 8 H le lendemain.
•    Des réductions de tarif (20 ou 30%) sont prévues pour les bâtiments publics (les 3 écoles, la mairie) ou l’éclairage public.
•    Des pénalités sont prévues en cas de chute de puissance, d’interruption de courant, ou de non-respect d’une clause du cahier des charges.

 

La réalisation du réseau

Basile Gaude organise les travaux avec 3 équipes, une première (5 ouvriers) s’occupe du réseau, une seconde (5 ouvriers) pose les installations domestiques, enfin une troisième prépare le travail en atelier.
En 1927, une dizaine de pylônes métalliques sont installés : ils sont situés successivement sur la rive droite du Bez après Châtillon, pont de Menglon, Les Payats, Menglon, quartier Le Pouyet (puis St Roman),  Recoubeau (gare puis village), Luzerands ; entre deux pylônes sont  intercalés des poteaux en pin ;  des fils nus (en cuivre ou en acier galvanisé) traversent tout le territoire menglonnais ; la ligne haute tension part de Châtillon, puis distribue six transformateurs (qui baissent la tension de 5000 volts à 200 volts) ; un transformateur pour Les Payats et Les Boidans ; un autre transformateur pour Les Bialats et Les Gallands ( entre ces deux hameaux); un troisième transformateur est situé près du monument aux morts pour Menglon Village. De là, une ligne haute tension repart vers Luzerands qui reçoit un quatrième transformateur ; un autre est installé vers Le Pouyet (puis St Romans) et un dernier vers La Tonnesse et Recoubeau (gare puis village). Concernant les Gallands, des doutes avaient été exprimés car « le courant électrique n’y arriverait jamais, ça montait trop » !!!!

Les poteaux en pin livrés en gare de Recoubeau par une entreprise de Gap nécessitaient de fréquentes réparations (pose de socles en béton au pied par exemple) et les transformateurs étaient très sensibles à la foudre; remplacer un appareil de près de 100 KG en tête de pylône était périlleux et la montée aux poteaux nécessitait l’utilisation de grappins fixés aux chevilles.
Les travaux avancent rapidement et le 22 octobre 1927, Basile Gaude écrit à l’ingénieur du génie rural pour faire un point d’étape : l’installation est finie à St Roman (« nous mettrons le courant d’ici quelques jours ») ; le quartier de la gare à Recoubeau a le courant et « je vais commencer le passage souterrain du chemin de fer » ; quant à Menglon village, la lumière électrique brille depuis les premiers jours de septembre, le samedi soir veille de la fête votive et « c’était du délire pour tous ces gens ». Mais Basile Gaude est taquin : « façon de régaler, j’avais dit à quelqu’un que je n’avais qu’une quinzaine de lampes, avec recommandation de ne pas le dire ; mais une heure après, j’étais envahi par des clients ; ils supplient au moins une lampe pour la salle à manger. Pour en finir, tout le monde a été servi …. ».

Bien entendu, l’éclairage public n’est pas oublié et une lampe est installée dans chacun des 7 hameaux.

Quelques mois après, le réseau est contrôlé et le 14 août 1929, le préfet rappelle à Basile Gaude qu’il doit suivre les prescriptions légales  de sécurité ; il lui demande de « revoir le branchement d’un particulier aux Gallands », lui rappelle que « les poignées des interrupteurs à haute tension sont à isoler », que «des affiches sont à poser sur les pylônes supportant les transformateurs » et enfin que les consignes concernant « la traversée de la ligne du tramway à vapeur » sont à respecter : toutes ces erreurs devront être « corrigées avant le 15 septembre 1929 ».

Si les hameaux sont rapidement électrifiés, les fermes isolées (« les écarts ») devront attendre quelques années : mais dès 1930, le maire demande une aide technique (auprès du génie rural) et des subventions (auprès de l’état) pour l’électrification de 35 fermes isolées : des études sont menées par l’ingénieur du génie rural et les travaux seront terminés les années suivantes     avec l’installation de deux transformateurs supplémentaires (près du château de St Ferréol et à Blanchon)
Ce n’est qu’en 1937 que l’école et la mairie soient munies d’une installation avec points d’éclairage et prises électriques.

Mais tout ne va pas toujours simplement :
•    Dans 2 lettres de janvier 1927  à l’ingénieur, Basile Gaude parle d’une réunion publique mouvementée (on lui demande de baisser les prix…..) et de la menace de Recoubeau de « se retirer du syndicat » si la ligne n’est pas en cuivre.
•    Le 26 août 1927, le maire M. Rambaud demande à M. l’ingénieur du Génie Rural de venir au plus tôt car il apparaît que « la longueur des fils est incorrecte ainsi que la répartition  des charges entre les communes ».
•    En décembre 1928, 3 habitants du hameau de Perdyers font une demande de branchement sur le réseau; le conseil municipal leur répond vertement, que tout d’abord ils n’ont porté « aucune remarque sur les documents de l’enquête publique », que « deux d’entre eux ne sont ni domiciliés ni électeurs » sur la commune, que « le prix du cuivre a augmenté » obligeant à revoir le projet initial à la baisse et qu’enfin, ils peuvent  bien prendre « les frais à leur charge » (comme d’autres). C’est d’ailleurs ce que ces habitants se résoudront à faire ; mais ils devront demander à M Archimbaud, député local, d’intervenir pour recevoir leurs subventions promises (lettre du 17/11/1933).
•    Enfin, il est fait appel à un avocat  grenoblois (mais pour quelles missions ?).

 

Les installations domestiques

Dans les hameaux, les lignes passent de maisons en maisons en aérien et les fils nus sont supportés par des isolateurs en porcelaine ou verre (les « tasses »). Dans les maisons, l’électricité est distribuée dans les pièces par des fils enrobés de tissu et cachés dans des moulures en bois ; des « tabatières » de sécurité (en porcelaine avec un fil en plomb qui fond si surtension) protègent l’installation; ne sont prévus que des points d’éclairage et peu de prises électriques car les appareils en nécessitant sont encore rares. Dans les caves, plus humides, les fils sont conduits dans des tubes métalliques bituminés.

 

La commercialisation

La facturation se fait soit selon la consommation si un compteur a été posé, soit au forfait selon le nombre d’ampoules ; d’ailleurs existait un interrupteur (appelé « chambre d’hôtel ») qui permettait au  client de n’allumer qu’une seule ampoule à la fois même en cas de pose de plusieurs ampoules : le forfait était donc moins cher.
M. Gaude faisait mensuellement 2 fois la tournée des clients, une 1ère fois pour relever  les consommations et une 2nde fois pour donner la facture et être payé.

En 1946, presque la totalité des habitants de la commune sont dotés de l’électricité, alors que ce n’est le cas que de seulement 50% de la Drôme. C’est en 1961 que Menglon quitte le Syndicat d’électrification de St Roman et Recoubeau ; la commune intègre alors le Syndicat Intercommunal d’Electrification du Diois puis le Syndicat départemental des énergies de la Drôme (SDED).

 

 

Sources :
•    Archives municipales de Menglon : 4o1, fonds annexe,
•    Archives municipales de St Roman : 1o6
•    Archives départementales de la Drôme : 1z227, 7m753, 7m754
•    Journal de Die du 17/09/1927

Pour aller plus loin :
•    Revue drômoise n° 546 (juin 2012, histoire de l’électrification dans la Drôme).
•    La Ruche d’Or de l’Invisible, Jean Oddoz ; imprimerie Cayol.
•    Chroniques de l’ancien temps, Jean Oddoz, imprimerie Cayol.
•    Carnet de la mémoire châtillonnaise , Danièle Haeringer, association Arts et Vigne, juin 2013, tome 2.
•    Site Cairn-Info
Remerciements à
•     René Gaude pour sa mémoire sans défaillance.
•    Mme Valérie Magnan, archiviste, pour son aide technique.

 
Menglon depuis le néolithique...

(Article rédigé avec l'aide précieuse de Jacques Planchon, conservateur-directeur du Musée de Die, et René Joanin, Menglonnais passionné d'histoire)

 

Quelques jalons historiques

La présence humaine néolithique est attestée par la découverte de silex travaillés, de haches de pierre, poteries et objets divers, dans les « terres blanches » (lieu-dit aujourd’hui connu sous le nom de Messagendre), vers le château St-Ferréol et au Pouyet. Les préhistoriens font remonter ces vestiges au 5ème millénaire avant Jésus Christ : la civilisation chasséenne. Ces chasseurs-cueilleurs vont se sédentariser dans les grands sites de plaine comme Menglon. Leur installation amorce la pratique des déforestations par le feu au profit du pastoralisme. Le site des Terres-Blanches devient à la fin du Néolithique (vers 3000-2500 av. J-C.) un important carrefour d’échanges de matériaux où passent les jadéites du Piémont italien pour fabriquer des haches polies, des quartz suisses et savoyards et des blocs d’obsidienne de Sardaigne pour en faire de petites lames très tranchantes, des silex divers venus du Vercors ou de Provence, et sans doute les premiers objets en cuivre italien.

 

À l’époque gauloise, la population locale fait partie des Voconces, peuple celte qui occupe un large territoire entre le Vercors, la Durance, le Ventoux et les abords du Rhône et établit des relations avec les Étrusques du nord de l’Italie et les Grecs de Marseille. C’est en 125-124 av. J-C. que les légions romaines prennent pied à l’ouest des Alpes. Battus, les Voconces finissent par signer un traité bilatéral avec Rome, ce qui leur permet de conserver une forme d’autonomie et, peu à peu, les gaulois adoptent les modes de vie romains.

 

De nombreux vestiges gallo-romains ont été retrouvés sur la commune et en bordure de la voie qui longe la Drôme. Ainsi, une borne milliaire du IVe siècle conservée aux Boidans provient sans doute de cette route Milan-Valence qui traversait le pays Voconce. Cette route se maintient après la disparition de l’Empire romain et l’évêque de Die s’impose comme nouveau pouvoir : une villa Menglone (résidence) est mentionnée dès 1058, puis le castrum Menglonis (château) est reconnu comme seigneurie épiscopale en 1165 et confirmé à l’évêque en 1178 et 1214, au sommet du Serre des Combes. Profitant d’une vue panoramique et d’une exposition Sud, le château et son enceinte ont été démantelés vers la fin du XVIème siècle au cours des guerres de religions.

 

  • En 1241 une partie de la seigneurie appartient en fief aux héritiers des anciens comtes de Die. - En 1276 l’évêque y installe son représentant, le baile (bailli) et reconnaît un fief au chapitre cathédral (gestionnaire des biens de l’église).
  • En 1301, à la suite de longues négociations et comme dans de nombreuses communautés en France, une charte est signée entre les habitants (de Menglon et Luzerand) et le seigneur-évêque de Die, Guillaume de Roussillon ; c’est le véritable texte fondateur de la commune, qui perdurera 500 ans  et qui favorisera le progrès et la richesse de la communauté paysanne , renflouant en même temps les caisses de l’Église de Die. 
  • En 1343, Menglon, comme le Dauphiné, est rattaché au Royaume de France.
  • En 1376 le chapitre cathédral met ce fief sous protection du pape pour échapper à des pressions d’autres seigneurs, dont l’évêque lui-même.
  • En 1450 l’évêque de Die reconnaît la suzeraineté du Dauphin sur ses terres, dont Menglon.
  • A partir de 1563, Menglon abrite une forte communauté réformée.
  • En 1685, 110 protestants quittent Menglon suite à la révocation de l’édit de Nantes ; d’autres sont condamnés aux galères.
  • En 1789, Menglon compte 166 familles et 750 personnes.
  • En 1835, des filons de plomb sont signalés sur Piémard, et en 1885, une compagnie minière reprend les mines et exploite de la galène (contenant du plomb), de la blende et de la calamine (contenant du zinc). 25 ouvriers y travaillent en 1886, 114 en 1891. A la fermeture en 1903, ils ne sont plus que 26.
  • En 1846, le temple de Menglon est achevé.
  • En 1857, la sériciculture s’est bien développée dans beaucoup de maisons de la commune et il se produit 800kg de cocon à soie
  • Dans les année 1880/1890, se multiplient les demandes d’ouverture de débit de boissons ou de tabac. À la même époque, et faisant suite au vote des différentes lois sur l’école publique et laïque, trois écoles sortent de terre ( et remplacent 5 écoles, la plupart protestantes) : une à Menglon village, une à Luzerand et une 3ème aux Bialats. L’école de Luzerand fermera en 1962, celle des Bialats en 1971.
  • De 1903 à 1930, un petit train-vapeur assure la liaison entre Châtillon et Pont de Quart.
  • De 1968 à 1972, le remembrement a profondément modifié les paysages en regroupant les parcelles, élargissant les chemins et les fossés, en détruisant les haies et les ripisylves.

 

Du vieux Menglon au Pied de la vallée

La carte d’État-Major de 1866 permet de voir la structure urbaine de Menglon perché sur la Serre des Combes, ainsi que plusieurs entités distinctes : le hameau de Luzerant en contrebas du ruisseau de Pierron ; le hameau des Tonons, où les constructions sont structurées autour d’un axe viaire principal ; les hameaux des Boidans, des Bialas, des Payas et des Galands, nichés au bord des cours d’eau (zones en vert foncé sur la carte). Ces implantations permettaient aux habitants d’être situés à proximité d’un point d’eau et des routes, dans des tissus urbains médiévaux denses aux habitations regroupées. À ces hameaux, s’ajoutent les bâtiments patrimoniaux du Château de Perdyer et du château St-Ferréol, vieux de plus de 700 ans. Au milieu du XIXème siècle, Menglon comptait presque 900 habitants.

 

La construction de la Mairie et de l’École en 1889 au croisement des routes en contre-bas initient le « déperchement » du village. Petit à petit, le village initialement implanté en hauteur est déconstruit et reconstruit au début du 20ème siècle au pied de la colline, emplacement plus propice pour les déplacements et l’accès à l’eau, d’où son surnom « Le Pied de la Vallée ».  Il en reste aujourd"hui des murs de soutènement, des bouts de remparts, des escaliers, des caves...